Jardin Solaire

Spécialiste du jardin japonais traditionnel : Conception + Installation

25 Avenue Benoît Launay

69290, Grezieu la Varenne

07 87 13 04 37

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Estampe japonaise



Une estampe est une image produite par impression à l'aide d'une planche gravée. Les estampes japonaises sont le fruit de la rencontre de cet art xylographique et d'un mouvement artistique d'inspiration bouddhiste, dit des « images du monde flottant » (ukiyo-ye). L'ère de l'estampe japonaise s'étend depuis XVIIe siècle, au moment où cet art se sécularise, jusqu'à la fin du XIXe siècle (ère Meiji), où l'apparition au Japon de nouvelle techniques de gravure, en même temps que l'influence de l'art occidental, détournent les artistes de talent vers d'autres horizons.

estampe-japonaise
Estampe japonaise hiroshige
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Estampe japonaise hiroshige

Technique de l'estampe japonaise

Les estampes japonaises sont issues de gravures sur bois. Il convient, avant tout, de remarquer que les dessinateurs auxquels on doit ces charmantes silhouettes ne gravaient pas eux-mêmes leurs œuvres. Ils exécutaient leurs dessins au pinceau, avec de l'encre de Chine, sur du papier mince et transparent, puis ils les livraient à d'habiles graveurs. En principe, la technique de ces derniers était fort simple : ils travaillaient sur des blocs de cerisier ou de buis, qui, à la différence de la manière occidentale, étaient sciés dans le sens de la longueur du bois. Sur ce bois, ils retournaient face au bloc, puis collaient le dessin exécuté sur papier transparent ; à l'aide de couteaux et de gouges, ils taillaient le bois de manière à laisser les traits en relief. Ce travail achevé, ils procédaient à l'impression. Après avoir garni leur planche d'encre de Chine, à la main ou au frotton, ils y appliquaient fortement une feuille de papier humectée, sur laquelle le dessin se trouvait reproduit.

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Une belle estampe japonaise vue sur le mont fuji
Estampe japonaise

Historique de l'estampe japonaise

Depuis les origines jusque vers la moitié du 18ème siècle, les estampes furent imprimées en noir sur blanc. Dès le début du XVIIIe siècle (vers 1715), on eut l'idée d'ajouter sur ces épreuves, mais à la main et au pinceau, diverses touches de couleurs. Il importe de ne pas confondre ces épreuves coloriées au pinceau avec les estampes imprimées en polychromie, lesquelles ne furent inventées que plus tard. C'est de 1743, en effet, que date la plus ancienne épreuve d'impression en deux tons : ces deux tons étaient (outre le noir des contours) le rose et le vert ; vers 1760, un troisième ton fut ajouté : on eut alors le rouge, le jaune et le bleu ; enfin, vers 1765, avec Harunobu (voir plus loin), on trouve employée la polychromie complète, qui pouvait comporter une quinzaine de tons. Les couleurs employées étaient des couleurs à l'eau, rendues adhérentes par un mélange de colle de riz. Chaque couleur supposait une planche spéciale. Le plus souvent, les différentes planches relatives à un même sujet étaient taillées sur le même bloc de bois. Le repérage, exécuté avec un soin minutieux, se faisait au moyen de deux marques spéciales, réserves en bas de la planche. L'impression en polychromie permettait la plus grande liberté dans l'art de varier les tons. Elle admettait non seulement la juxtaposition des couleurs, mais encore leur superposition : nouvelle ressource pour les coloristes. Enfin, au moyen d'une planche supplémentaire, on pouvait obtenir d'habiles effets de gaufrage.

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Estampe japonaise hiroshige
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Estampe japonaise hiroshige

Par comparaison avec les autres arts qui ont fleuri au Japon, et spécialement à la peinture, l'art de l'estampe est un art récent. Il ne commence véritablement d'exister qu'à la fin du XVIIe siècle. Ce n'est pas que les procédés matériels de la gravure sur bois, du reste empruntés à la Chine, n'existassent depuis fort longtemps dès le VIIIe siècle, on gravait sur bois des caractères calligraphiques ; postérieurement, vers le XIVe siècle, on imprima en noir, pour les besoins du culte bouddhique, des images de piété; puis, aux XVIe et XVIIe siècles, parurent les livres illustrés, où les figures et le texte se trouvaient gravés sur le même bloc ; mais c'est à la fin du XVIIe siècle, vers 1760, que paraissent les premières estampes séparées.

Les premiers maitres de l'estampe

Relativement à la peinture, art essentiellement aristocratique et traditionaliste, l'art de l'estampe est populaire : c'est l'ukiyo-ye (ukiyo-e) ou peinture du monde flottant (ou du monde contemporain - transitoire, vain) ; elle représente les mœurs de tous les jours. Néanmoins, il convient de ne pas creuser un abîme entre les deux arts. Presque tous les dessinateurs d'estampes sont des peintres. Si l'on considère l'estampe dans l'ensemble de son histoire, on doit reconnaître qu'elle est restée en somme un art idéaliste et décoratif, aussi bien que la peinture dont elle est comme un rameau détaché. Enfin, si l'estampe représente des tendances relativement réalistes, n'oublions pas que la peinture lui avait parfois donné l'exemple et que, dès le XVIIe siècle, le peintre Iwasa Matahei avait fondé à Kyoto l'école dite « vulgaire ».

Le premier et le plus grand des primitifs de l'estampe est Hishikawa Moronobu, qui naquit vers 1618 et produisit surtout entre 1669 et 1694, année de sa mort. Dessinateur en broderies, peintre, illustrateur, il exécuta de grandes estampes en noir, rehaussées à la main de touches d'un rouge orange, où il traite en général des sujets légendaires. Son art est d'un archaïsme vigoureux, son style noble et non dépourvu de grâce. Il n'est rien de plus majestueux que ses belles robes aux larges manches et aux opulentes broderies.

Hishikawa-Moronobu
Une belle estampe japonaise de Hishikawa Moronobu
Estampe Hishikawa Moronobu
L'estampe de nos jours

Les estampes japonaises ne commencèrent à être connues en France qu'à partir du dernier tiers du 19ème siècle. Les expositions universelles, notamment celles de Paris de 1867 et de 1878, contribuèrent à les révéler au public.

Les étapes de reproduction d'une estampe ukiyo-e
  1. La feuille de papier est collée sur la planche
  2. Les lignes de contour sont gravées en relief à l’aide d’un petit couteau
  3. À l’aide d’une gouge et d’un maillet, le graveur évide la surface autour des lignes de contour du dessin
  4. La planche principale (omohan) représentant le dessin complet gravé est prête
  5. Les pigments sont étalés sur la planche à l’aide d’une brosse
  6. La feuille de papier est posée sur la planche en fonction de l’emplacement de l’encoche (kentô)
  7. C’est en frottant le papier à l’aide du baren que l’on fait pénétrer les pigments
  8. L’estampe est ainsi imprimée, couleur par couleur (le graveur grave autant de planches qu’il y aura de couleurs), planche par planche.

Pour compléter un petit jardin japonais, nous pouvons tout à fait accrocher aux murs quelques estampes japonaises bien choisies.